Je m’interroge sur cette nouvelle forme de distribution de produit alimentaire. Elle ne porte pas de nom pour le moment. Hard Trash Discount peut-être un jour. On voit en effet se multiplier les enseignes qui commercialisent les produits, dont la date limite de consommation préférée est dépassée...
Question : que se passait-il pour ces produits avant ?
Hypothèse 1 : ils étaient détruits. Alors, on peut penser qu’il est vertueux de leur donner une seconde vie et d’éviter ainsi gaspillage et touti quanti… Mais ne peut on s’interroger (un marché vertueux, si ce n’est un oxymore, c’est déjà un débat) sur les limites, les conséquences d’un tel marché :
- Verra t-on apparaitre prochainement, au sein même des grandes surfaces, un coin des « bonnes affaires alimentaires » à l’instar des meubles suédois qui ont aussi un espace réservé et dédié à celles et ceux qui veulent acheter, au rabais, des meubles cassés ou abimés ?
- De combien peut-on dépasser la date préférée de consommation ? A ce jour, certaines enseignes ouvrent le lot de produit acquis à pas cher, et vérifie par exemple que le soda bulle bien ? Est-ce là un critère suffisant pour s’assurer sécurité alimentaire ?
- Dans la fixation du prix du produit ? Puisqu’il y aura un avant et un après Hard Trash machin… Il serait naïf de croire que le prix (et de manière plus précise, la marge) des produits concernés par ce nouveau marché n’intégrait pas avant, le manque à gagner lié à la perte des invendus. Mais maintenant qu’ils se vendent; cela va-t-il faire baisser pour autant le prix du produit, pendant qu’il est encore bon (ou en tout état de cause pas tout à fait encore mauvais) à consommer ?
- A la limite, n y aurait il pas moyen pour l’Etat (qui se régale aujourd’hui de faire semblant de découvrir le partage en 3/3 des profits d’entreprise), au travers de cette nouvelle TVA collectée, d’en faire quelque chose d’intelligent ?
Hypothèse 2 : si ils permettaient, à certaines organisations caritatives de s'approvisionner à titre gracieux, alors … vous connaissez la suite je suppose.
En ce qui me concerne, et avant que les poubelles des restaurateurs se vendent à la criée le soir, je m’interroge sur le bien fondé de cette nouvelle forme de marché.
Sans compter bien sûr, que la singularité de la génération à venir des pays industrialisés est (selon les dernières études de la FAO), qu' elle est en moins bonne santé que celle qui la précède. De là a penser que cela a un lien avec l'alimentation, c'est un pas que nous sommes de plus en plus nombreux à franchir, et pas seulement par doctrine ou religion, mais à la lumière des résultats des études aujourd'hui réalisables.
L’addition svp !
http://www.lepost.fr/sondage/2009/03/05/1445718_prets-a-consommer-des-produits-presque-perimes.html
Enfin, il n'est pas trop tard pour voir ce film, qui entre autre, présente la manière dont la commune de Barjarc a introduit le BIO dans ses cantines scolaires. Personnellement, je ne suis pas Bio-man, mais à y réfléchir, faire la promotion du bio ne semble ni rétrogarde, ni réac.