Contrairement aux clientes d'intermarché l’avant-veille pour la venue de Luc Chatel, il n’était pas utile ce matin, de procéder à l’embauche de militants UMP déguisés en algues vertes, pour assurer le décor de la venue de François Fillon sur les terres cost-armoricaines. Les terres ? Vraiment ?
Raffarin nous avait chassé de la boulette de pétrole du Prestige dans une colère médiatique en 2003. Voici François Fillon venu faire son green washing de rentrée, chaussettes rouges, botte noire, avec 3 de ses ministres sur nos côtes.
Dans le fond la démarche n’est pas condamnable. En effet, il serait pour le moins surprenant, voir irresponsable que l’Etat ne se saisisse pas d’un dossier qu’il a trop longtemps ignoré.
Mais quelle déception à la lecture des mesures : l’état prendra en charge le nettoyage des plages. Et puis ? Et puis bien sur, la taxe carbone. Peu à l’aise sur le terrain des algues ou il aura gardé ses distances, on retiendra qu’il aura, le jour de l’ouverture des universités d’Europe Ecologie, réussit à assurer le SAV du grenelle de l’environnement. Pour le reste des mesures, circulez, y a rien à voir. (J'éxagère, il n'aura échappé à personne la créationd' une mission interministérielle des algues vertes)
Cette décision sonne comme un aveu de faiblesse, à l’égard d’un drame écologique (mais plus seulement) qui prend ses sources principalement dans la surexploitation, l’exploitation intensive… bref la politique du toujours plus, suivez mon regard ou humez moi ce parfum. Travailler plus, Produire plus,… Il est facile de jeter la pierre aujourd’hui à celles et ceux que l’on a encouragé hier à se développer. Encouragés et subventionnés, sans se soucier des impacts à terme, d’une pratique dont on pensait que le taux de nitrates dans nos eaux seraient la seule conséquence ; conséquence désagréables certes, mais sous contrôle possible, à grands coups d’investissements dans les dispositifs de retraitement de nos Eaux.
De ce point de vue, les chantres d’une logique ou l’économie de marché ne vaut que par ses profits, sa croissance, le toujours plus … sont au moins aussi responsables, que les acteurs, parfois peu scrupuleux, de temps en temps naifs, souvent pas informés, de la mise en musique de cette politique.
François Fillon, sur nos plages, c’est un peu le concepteur de Tchernobyl qui vient donner des cours de sécurité nucléaire sur les ruines de sa centrale, en somme.
Mais il est honnête avec lui-même notre premier ministre : il ne dit pas qu’il va tout mettre en œuvre pour faire cesser la prolifération des algues vertes, il dit qu’il va financer leur nettoyage.
C’est toute la différence entre, traiter la cause d’un problème ou s’acharner à en faire disparaitre les conséquences. Et c’est tout ce qui nous sépare. Entre autre.
credit photo/ lé télégramme de brest.
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